Le secteur « bâtiment et travaux publics » (BTP) est un secteur phare du système économique global en France. Ce domaine très porteur est en développement constant, d’autant plus depuis la crise sanitaire du COVID qui a accéléré la demande en constructions et rénovations diverses. Dans ce contexte, le métier de conducteur de travaux est de plus en plus recherché. Focus sur cette profession bien particulière et très technique.

Qu’est-ce qu’un conducteur de travaux ?

Le conducteur de travaux, maillon essentiel de la construction en tous genres

Le terme de conducteur de travaux est utilisé pour définir un professionnel de la conduite d’un chantier, qu’il soit privé ou public. À la fois expert de terrain et gestionnaire administratif, il possède une connaissance très précise de l’ensemble des domaines qui participent au secteur du BTP. Il peut être amené à voyager en France ou à l’étranger pour les besoins de son entreprise et pour apporter ses conseils dans le déroulement des chantiers. Le conducteur de travaux est donc un cadre polyvalent, très prisé et convoité dans le monde du travail.

Le rôle d’un conducteur de travaux

Le conducteur de travaux est avant tout un coordonnateur technique, qui fait le lien avec les équipes sur le terrain et la hiérarchie administrative d’une entreprise. Il peut à ce titre être sollicité pour être présent physiquement sur un chantier ou pour effectuer des tâches de bureau inhérentes à son activité professionnelle. Le conducteur de travaux est un manager accompli qui doit avoir une vision globale de l’interaction technique de ses équipes. Il assure la répartition des tâches et la subsidiarité des actions à mener sur le terrain, en conduisant un chantier de bout en bout, de la première pierre à la livraison du bâtiment ou de l’ouvrage demandé. Le conducteur de travaux est également un maillon administratif de l’entreprise. Il est en charge du respect du budget alloué et de l’exécution financière globale de son chantier, en lien direct avec sa direction administrative et financière. Il propose le calendrier global des actions à mener et s’assure en permanence du respect des délais. À ce titre, il mène la relation avec les clients, afin de définir les jalons qui permettent d’assurer la cohérence du chantier. Il a également compétence pour intervenir auprès des fournisseurs de matériaux et diversifier au besoin les sources d’approvisionnement, lorsque les délais de livraison sont trop contraints pour respecter le plan de charge établi.

Existe-t-il d’autres appellations ?

L’appellation « conducteur de travaux » est un terme générique et peut être décliné sous d’autres formulations, dont voici quelques exemples.

  • Conducteur, responsable ou chef de chantier bâtiment et travaux publics
  • Responsable technique du bâtiment et des travaux publics
  • Conducteur technicien des travaux du bâtiment
  • Conducteur de travaux d’aménagement

Le conducteur de travaux peut-il être spécialisé dans un domaine particulier ?

De manière générale, le conducteur de travaux est capable d’intervenir sur n’importe quel chantier. Il peut cependant avoir une spécialisation particulière, en fonction de ses compétences, de sa formation et de ses appétences personnelles. Voici quelques exemples :

  • Spécialisation en entretien et rénovation : le conducteur de travaux est plus particulièrement chargé de la mise aux normes de bâtiments trop anciens ou vétustes et d’assurer la viabilité générale d’un édifice.
  • Spécialisation en rénovation énergétique : ce secteur inclut notamment l’isolation générale des bâtiments, des combles, des fondations, des façades et des toits, mais également des structures internes comme les colonnes d’aération ou les cloisons.
  • Spécialisation en monuments historiques : la classification à la liste des monuments historiques ou à l’index supplémentaire impose des normes de rénovation très encadrées, dont le respect et la maîtrise constituent une spécialité à part entière.
  • Spécialisation en protection environnementale : les bâtiments neufs peuvent être construits selon des normes écoresponsables qui imposent l’emploi de matériaux totalement recyclables. C’est une spécialisation d’avenir amenée à se développer à court terme.
  • Spécialisation en génie militaire : les armées françaises emploient de nombreux conducteurs de travaux au sein du « service d’infrastructures de la défense » pour la construction de bâtiments à vertu et utilisation purement militaire, sur le sol français, mais également en opérations extérieures ou en outre-mer.
  • Spécialisation en grands projets d’infrastructures : cette spécialisation concerne en particulier l’aménagement du territoire, notamment la voirie, les ponts, les canaux ou encore les digues maritimes ou fluviales. Elle peut également s’appliquer à la construction d’infrastructures sportives comme des stades ou des patinoires.

Quelles sont les qualités principales pour devenir conducteur de travaux ?

  • Connaissances et compétences générales du domaine du BTP
  • Connaissances des normes, des réglementations et des textes de lois qui régissent la construction
  • Connaissances en mathématiques, géométrie et volumétrie
  • Maîtrise de la gestion de projet
  • Maîtrise de la gestion financière en entreprise
  • Maîtrise des normes de santé et sécurité au travail (SST)
  • Connaissances des différents intervenants techniques sur un chantier
  • Maîtrise des normes ISO, notamment qualité (9000) et environnementales (14 000 et HQE)
  • Aptitude au management d’équipe
  • Réactivité et disponibilité
  • Organisation, capacité d’adaptation, proactivité
  • Sens du relationnel, ouverture d’esprit, pédagogie
  • Détenir le permis B
  • Si possible, détenir le diplôme de prévention et secours civiques de niveau 1 (PSC1)

Comment devenir conducteur de travaux ?

Par un parcours scolaire poste baccalauréat (bac)

Le métier de conducteur de travaux exige de nombreuses années d’études après le bac, car il requiert des compétences particulières, spécifiques et très pointues. Après l’obtention d’un bac, de préférence scientifique ou technique, plusieurs formations diplômantes permettent d’exercer dans le domaine de la conduite de travaux. Elles sont proposées par des écoles spécialisées ou des centres de formation, dont la liste est disponible sur la plateforme PARCOURS SUP.

Le niveau BAC+2

Deux années d’études post bac sont nécessaires pour obtenir un diplôme de niveau bac+2, prérequis indispensable au métier de conducteur de travaux. Le plus souvent en alternance, les formations dispensées appartiennent majoritairement à trois catégories : le brevet de technicien supérieur (BTS), le titre professionnel (TP) et les diplômes délivrés par des écoles spécifiques, comme des instituts supérieurs du BTP ou des campus d’enseignement supérieur et professionnel (CESI). Un diplôme de niveau bac+2 débouche directement sur un emploi de conducteur de travaux.

Le niveau bac+3

Ce type de diplôme regroupe la licence professionnelle et le bachelor universitaire de technologie (BUT), spécialisés en BTP. En comparaison du bac+2, le bac+3 ajoute une compétence de conception en construction, nécessaire pour travailler dans un bureau d’études.

Le niveau bac+5

Après cinq années de cursus de formation, un diplôme d’ingénieur ou un master, spécialisés en BTP, ouvrent de nombreuses perspectives professionnelles. Il existe de nombreuses écoles, soit en prépa intégrée directement après le bac, qui proposent un enseignement sur cinq années, soit en école d’ingénieur durant trois années, après deux à trois ans en classe préparatoire scientifique dans un lycée. Le niveau bac+5 permet à un conducteur de travaux d’évoluer dans les hautes instances d’une entreprise et de mener des chantiers beaucoup plus importants.

Le niveau bac+6 et plus

Le diplôme d’ingénieur peut être complété par une formation de spécialisation d’une durée variable en fonction de la complexité du domaine étudié. Cette spécialisation peut être spécifique au domaine du BTP, comme les ouvrages d’art ou les monuments historiques, ou approfondir un domaine administratif particulier, comme la finance ou la gestion des ressources humaines. Le niveau bac+6 et plus est très recherché, car il atteste d’une expertise technique particulière, rare et donc très prisée par les entreprises.

Quelles sont les perspectives professionnelles pour un conducteur de travaux ?

Emploi et conditions de travail

Le conducteur de travaux exerce et assume de nombreuses responsabilités, parfois difficile à concilier avec sa vie personnelle. Ce domaine professionnel est très exigeant et suppose d’être particulièrement disponible. Le conducteur de travaux peut en conséquence travailler sur une plage horaire très étendue et parfois le weekend. Sa capacité de résistance, à la fois physique et morale, est mise à l’épreuve au quotidien, tant par les conditions difficiles d’un chantier que par la pression des investisseurs et des délais à respecter. Un conducteur de travaux a souvent l’opportunité d’évoluer au sein de son entreprise pour briguer des postes à plus hautes responsabilités, en mettant à profit son expérience ou en passant des diplômes de plus haut niveau, via une formation professionnelle continue.

Rémunération

Les perspectives salariales d’un conducteur de travaux sont très intéressantes. Le détenteur d’un BTS peut prétendre à salaire mensuel moyen de 3000 euros par mois avec des possibilités d’évolutions fréquentes et substantielles. Un ingénieur en BTP peut quant à lui débuter dans la vie active avec une rémunération moyenne de 4500 euros par mois. Il n’est pas rare également que des chefs d’entreprise soient d’anciens conducteurs de travaux qui ont mis à profit leur expérience et leur savoir-faire pour créer leur propre société de BTP. Leurs gains mensuels peuvent se chiffrer à plusieurs milliers d’euros, voire plus pour les grosses entreprises.

En définitive, le métier de conducteur de travaux est très exigeant d’un point de vue technique et personnel. Il requiert une formation parfois longue, qui repousse d’autant plus l’entrée dans la vie active et sur le marché du travail. En revanche, c’est un métier très bien rémunéré et déficitaire, qui souffre rarement de la crise de l’emploi.

Devenir conducteur de travaux : comment postuler efficacement ?

À l'ère d’internet, les techniques de recherche d’emploi ont connu un jour nouveau et se sont multipliées (web, réseaux sociaux…), mais les documents de candidature que sont le CV et la lettre de motivation demeurent toujours. Vous l’aurez compris, peu importe la manière dont vous postulez pour un poste, il est impératif de créer un CV convaincant et ainsi multiplier vos chances de devenir conducteur de travaux. Afin de réussir cette démarche, voici nos conseils :

  • Vous devez susciter l'intérêt du recruteur avec un profil professionnel accrocheur. Pour cela, lors de la rédaction de votre CV conducteur de travaux, mettez l’accent sur vos performances et compétences qui feront concrètement la différence au sein de l’entreprise ;
  • Soignez la présentation de votre curriculum vitae. Dans cette optique, optez pour un style sobre et structuré qui sera le reflet de votre rigueur et de votre professionnalisme, qui soulignons-le, sont des qualités essentielles d’un conducteur de travaux.

En outre, l’objectif de n’importe quelle candidature est de décrocher le fameux entretien d'embauche. Il est donc primordial de s’y préparer afin de travailler votre confiance en vous, anticiper les éventuelles questions qui vous seront posées et préparer des réponses adéquates et naturelles…

Commencer à travailler en tant que conducteur de travaux

À l'issue de cet entretien, si la réponse est positive et que vous êtes accepté, vous pourrez décrocher le poste de conducteur de travaux . Vous devez alors vous préparer pour la période d’essai où vos compétences et vos aptitudes personnelles seront évaluées et scrutées. Vous avez peu droit à l’erreur pendant cette période, mais si cela arrive ne paniquez pas. En effet, votre détermination à vous corriger et votre motivation sans faille démontreront également un fort potentiel d’amélioration qui jouera grandement en votre faveur pour sécuriser votre poste.